En résumé : La surprime est une majoration de votre cotisation d’assurance emprunteur appliquée quand l’assureur estime que votre profil présente un risque supérieur à la moyenne : antécédent médical, métier dangereux, tabac, sport à risque ou âge avancé. Elle peut aller de 25 % à plus de 300 % du tarif de base. Bonne nouvelle : elle n’est ni automatique, ni définitive. La convention AERAS plafonne son impact à 1,4 point dans le TEG pour les revenus modestes, la loi Lemoine supprime le questionnaire médical sous conditions, et la délégation d’assurance permet souvent de la réduire fortement, voire de l’annuler en changeant d’assureur.
Vous venez de recevoir votre proposition d’assurance et le tarif ne correspond pas du tout à la simulation initiale ? Vous êtes probablement face à une surprime. C’est frustrant, parfois vécu comme une injustice, mais c’est surtout un mécanisme encadré par des règles précises. Et quand on connaît ces règles, on peut presque toujours agir dessus.
Qu’est-ce qu’une surprime d’assurance emprunteur ?
Une surprime d’assurance emprunteur est un supplément de cotisation appliqué par l’assureur lorsque votre profil présente un risque aggravé par rapport à un emprunteur standard. Elle s’exprime en pourcentage de la prime de base : une surprime de 100 % signifie que vous payez le double du tarif normal.
Concrètement, l’assureur analyse votre dossier (questionnaire de santé, profession, habitudes de vie) et rend l’une de ces quatre réponses :
- Acceptation au tarif normal : votre profil entre dans les cases standard.
- Acceptation avec surprime : l’assureur vous couvre, mais plus cher.
- Acceptation avec exclusion de garantie : certains risques ne seront pas couverts (par exemple une pathologie précise ou un sport dangereux).
- Refus : l’assureur décline le dossier. Dans ce cas, consultez notre guide que faire en cas d’assurance emprunteur refusée.
La surprime n’est donc pas une sanction : c’est le prix que l’assureur met sur un risque statistiquement plus élevé. Ce qui ne veut pas dire que vous devez l’accepter sans discuter.
Pourquoi les assureurs appliquent-ils une surprime ?
Le risque médical, premier motif de surprime
C’est le cas le plus fréquent. Diabète, hypertension, antécédent de cancer, maladie chronique, affection de longue durée, dépression ou burn-out : toute pathologie déclarée dans le questionnaire de santé peut déclencher une majoration. Les montants varient énormément selon la maladie, son ancienneté et sa stabilité. Un diabète bien équilibré peut coûter 25 à 75 % de surprime, quand certains antécédents lourds dépassent 200 %.
Si vous êtes concerné, notre dossier assurance prêt immobilier et maladie détaille les droits et solutions par pathologie, et notre guide dédié à l’assurance de prêt pour les personnes en situation de handicap complète le sujet.
Le tabac : la surprime la plus courante et la plus évitable
Un fumeur paie en moyenne 50 à 100 % plus cher qu’un non-fumeur, à profil égal. La règle habituelle : vous êtes considéré non-fumeur après 24 mois sans tabac (cigarette électronique souvent incluse). Arrêter de fumer avant de souscrire, puis le déclarer à votre assureur une fois le délai passé, reste l’un des leviers d’économie les plus simples qui existent.
Profession et sports à risque
Militaires, pompiers, couvreurs, travailleurs en hauteur, pilotes : certains métiers entraînent une majoration quasi systématique. Même logique pour les sports dits dangereux (plongée profonde, parapente, alpinisme, sports mécaniques). Selon les cas, l’assureur proposera une surprime ou une exclusion de garantie. Prenez le temps de comparer les deux : une exclusion coûte moins cher chaque mois, mais vous laisse sans couverture précisément sur le risque le plus probable pour vous.
L’âge de l’emprunteur
Plus vous empruntez tard, plus le tarif grimpe, avec ou sans problème de santé. Après 55 ou 60 ans, les majorations deviennent la norme chez la plupart des bancassureurs. Les solutions spécifiques sont détaillées dans notre guide assurance emprunteur senior.
Combien coûte une surprime ? Un exemple chiffré
Prenons un emprunt de 200 000 € sur 20 ans, avec un taux d’assurance standard de 0,30 % du capital, soit 600 € par an (12 000 € sur la durée du prêt).
| Niveau de surprime | Cotisation annuelle | Surcoût total sur 20 ans |
| Tarif standard | 600 € | — |
| Surprime 50 % | 900 € | + 6 000 € |
| Surprime 100 % | 1 200 € | + 12 000 € |
| Surprime 200 % | 1 800 € | + 24 000 € |
| Surprime 300 % | 2 400 € | + 36 000 € |
Ces montants expliquent pourquoi il ne faut jamais signer la première proposition surprimée sans avoir comparé. D’un assureur à l’autre, la même pathologie peut être tarifée du simple au triple, car chacun a sa propre grille de risques. Demandez plusieurs devis d’assurance de prêt immobilier avant de trancher.
Convention AERAS : la surprime est plafonnée pour les revenus modestes
La convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) encadre l’accès à l’assurance des personnes malades ou anciennement malades. Elle prévoit un mécanisme d’écrêtement des surprimes qui limite le coût final de l’assurance.
Le principe : si vos revenus ne dépassent pas un plafond indexé sur le plafond annuel de la Sécurité sociale (1 PASS pour une part fiscale, 1,25 PASS de 1,5 à 2,5 parts, 1,5 PASS à partir de 3 parts), votre cotisation d’assurance ne peut pas représenter plus de 1,4 point dans le taux effectif global (TEG) de votre crédit. Tout ce qui dépasse ce seuil est pris en charge par le dispositif, financé par les banques et les assureurs.
Les conditions principales :
- prêt lié à la résidence principale (ou prêt professionnel), part assurée limitée à 420 000 € ;
- fin du contrat d’assurance avant le 71e anniversaire de l’emprunteur ;
- revenus sous les plafonds évoqués ci-dessus.
À noter aussi : pour les emprunteurs de moins de 35 ans éligibles, la surprime appliquée sur un prêt à taux zéro est intégralement prise en charge. Enfin, la grille de référence AERAS liste des pathologies pour lesquelles les assureurs ne peuvent pas appliquer de surprime au-delà d’un certain plafond, voire pas de surprime du tout.
Loi Lemoine : deux leviers puissants contre les surprimes
Depuis la loi Lemoine de 2022, deux mesures changent la donne pour les profils surprimés.
La fin du questionnaire médical sous conditions. Si la part assurée de votre prêt ne dépasse pas 200 000 € et que le remboursement se termine avant vos 60 ans, l’assureur n’a pas le droit de vous poser la moindre question de santé. Sans questionnaire, pas de surprime médicale possible. Les détails d’éligibilité sont dans notre article sur l’assurance emprunteur sans questionnaire médical.
Le droit à l’oubli ramené à 5 ans. Un ancien malade du cancer ou de l’hépatite C n’a plus à déclarer sa pathologie 5 ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute. L’assureur ne peut alors appliquer ni surprime ni exclusion liée à cet antécédent.
Et surtout : la loi Lemoine autorise la résiliation de l’assurance emprunteur à tout moment. Une surprime acceptée à la signature du prêt n’est plus une condamnation sur 20 ans. Votre santé s’améliore, vous arrêtez de fumer, vous changez de métier ? Vous pouvez changer d’assurance emprunteur et faire retarifer votre profil quand vous voulez.
Comment éviter ou réduire une surprime : la méthode en 5 étapes
- Vérifiez votre éligibilité loi Lemoine. Moins de 200 000 € assurés par tête et prêt soldé avant 60 ans : aucun questionnaire, donc aucune surprime médicale.
- Faites jouer la délégation d’assurance. Le contrat groupe de votre banque mutualise les risques ; un assureur alternatif tarife au plus près de votre profil réel. Sur un dossier atypique, l’écart atteint fréquemment plusieurs milliers d’euros. Notre guide de la délégation d’assurance prêt immobilier explique la marche à suivre.
- Comparez au moins 3 à 4 assureurs. Chaque compagnie a ses pathologies « acceptées » et ses points durs. Un refus ou une surprime de 200 % chez l’un peut devenir 50 % chez l’autre.
- Passez par un courtier spécialisé en risques aggravés. Il connaît les assureurs les plus ouverts à votre profil et monte un dossier médical solide (comptes rendus récents, preuves de stabilité), ce qui pèse directement sur la tarification.
- Faites réviser la surprime dans le temps. Recul de la maladie, arrêt du tabac depuis 24 mois, changement de poste : documentez l’évolution et demandez une retarification, ou changez de contrat grâce à la loi Lemoine.
Un dernier point, essentiel : ne mentez jamais sur le questionnaire de santé pour échapper à une surprime. Une fausse déclaration intentionnelle peut entraîner la nullité du contrat, autrement dit l’absence totale d’indemnisation au pire moment. Une surprime honnête protège ; un contrat nul ne protège personne. Pour bien comprendre ce que couvrent réellement vos garanties, relisez notre page complète sur l’assurance emprunteur.
FAQ – Surprime assurance emprunteur
Qu’est-ce qu’une surprime en assurance emprunteur ?
Une surprime est une majoration de la cotisation d’assurance de prêt appliquée lorsque l’emprunteur présente un risque aggravé : problème de santé, métier dangereux, tabagisme, sport à risque ou âge élevé. Elle s’exprime en pourcentage du tarif de base, généralement entre 25 % et 300 %.
La surprime d’assurance emprunteur est-elle plafonnée ?
Oui, sous conditions. Pour les emprunteurs éligibles à la convention AERAS dont les revenus sont inférieurs aux plafonds (indexés sur le plafond de la Sécurité sociale), la cotisation d’assurance ne peut pas dépasser 1,4 point dans le TEG du prêt, pour une part assurée jusqu’à 420 000 € et un contrat s’achevant avant 71 ans.
Comment éviter une surprime d’assurance de prêt immobilier ?
Trois leviers principaux : profiter de la suppression du questionnaire médical de la loi Lemoine (prêt de moins de 200 000 € assurés remboursé avant 60 ans), comparer plusieurs assureurs en délégation d’assurance, et solliciter un courtier spécialisé en risques aggravés. Le droit à l’oubli supprime aussi toute surprime liée à un cancer ou une hépatite C guéris depuis plus de 5 ans.
Un fumeur paie-t-il forcément une surprime ?
Oui, le statut fumeur entraîne quasi systématiquement une majoration, souvent de 50 à 100 %. Vous êtes en général reconnu non-fumeur après 24 mois sans tabac ni vapotage : signalez-le à votre assureur ou changez de contrat pour faire baisser la cotisation.
Peut-on contester ou supprimer une surprime en cours de prêt ?
Oui. Grâce à la loi Lemoine, vous pouvez résilier votre assurance emprunteur à tout moment et souscrire un contrat mieux tarifé, à garanties équivalentes. Vous pouvez aussi demander une retarification à votre assureur actuel si votre situation s’est améliorée (guérison, arrêt du tabac, changement de profession).
Surprime ou exclusion de garantie : que choisir ?
La surprime maintient une couverture complète moyennant un coût supérieur ; l’exclusion réduit le coût mais vous prive d’indemnisation sur le risque exclu, souvent le plus probable pour votre profil. Avant de trancher, vérifiez l’impact réel de l’exclusion sur les garanties ITT et invalidité, un refus de prise en charge ITT est l’un des litiges les plus fréquents (voir notre article assurance ITT refusée : que faire ?).


