Que se passe-t-il si demain, vous tombez malade et ne pouvez plus travailler ? Cette question traverse l’esprit de nombreux emprunteurs. Quand la maladie frappe, le quotidien bascule, mais les mensualités continuent.
Heureusement, l’assurance prêt immobilier existe pour protéger votre projet et sécuriser votre famille face aux aléas de la vie. En 2025, les règles ont évolué, notamment avec la loi Lemoine qui facilite l’accès à l’assurance pour tous. Découvrons ensemble comment vous protéger efficacement.
Qu’est-ce que la couverture maladie en assurance prêt ?
La couverture maladie de votre assurance emprunteur intervient quand vous ne pouvez plus rembourser votre crédit suite à un problème de santé. Cette protection n’est pas automatique : elle dépend des garanties que vous avez souscrites lors de votre prêt.
Une protection qui remplace vos revenus
L’assurance prend le relais lorsque votre état de santé vous empêche de travailler. Elle se déclenche après validation d’un certificat médical établi par votre médecin. Le montant remboursé correspond généralement à votre quotité assurée, c’est-à-dire le pourcentage de prêt que vous avez choisi de couvrir.
La différence entre invalidité et maladie
La maladie concerne un état temporaire nécessitant un arrêt de travail, tandis que l’invalidité représente une incapacité permanente reconnue médicalement. L’assurance traite ces deux situations différemment selon des critères précis définis dans votre contrat.
Les conditions d’activation de la couverture
Votre assurance s’active seulement si vous remplissez plusieurs conditions : être dans l’incapacité totale d’exercer votre profession, disposer d’un arrêt de travail officiel, et avoir déclaré le sinistre dans les délais prévus. L’assureur peut mandater un médecin expert pour évaluer votre situation avant d’accepter la prise en charge.
Types de couverture maladie
Plusieurs niveaux de protection existent pour sécuriser votre emprunt en cas de maladie. Chacun correspond à une situation spécifique.
Incapacité Temporaire de Travail (ITT)
Cette garantie couvre les arrêts de travail temporaires dus à une maladie ou un accident. Elle prend en charge vos mensualités pendant la durée de votre incapacité, généralement limitée à 1095 jours. Le remboursement débute après un délai de franchise qui varie entre 30 et 180 jours selon les contrats. Cette protection constitue votre première ligne de défense face aux imprévus médicaux.
Invalidité Permanente Totale (IPT)
L’IPT intervient quand votre taux d’invalidité atteint au moins 66%. Dans cette situation, vous ne pouvez plus exercer aucune activité professionnelle de manière définitive. L’assurance rembourse alors le capital restant dû selon votre quotité assurée. Cette garantie représente une sécurité majeure pour votre famille.
Invalidité Permanente Partielle (IPP)
L’IPP concerne les taux d’invalidité compris entre 33% et 66%. Vous conservez une capacité de travail partielle, mais avec des revenus réduits. L’indemnisation s’effectue au prorata de votre taux d’invalidité reconnu. Par exemple, avec un taux d’invalidité de 50%, vous recevez 50% de la mensualité assurée.
Maladies couvertes et exclusions
Toutes les maladies ne bénéficient pas de la même couverture. Certaines sont systématiquement prises en charge, d’autres font l’objet d’exclusions strictes.
Les pathologies généralement couvertes
| Maladie | Type de couverture | Observations |
| Cancer | ITT + IPT + IPP | Couverture complète après validation médicale |
| Infarctus | ITT + IPT + IPP | Prise en charge immédiate sans délai de carence |
| AVC | ITT + IPT + IPP | Selon séquelles et taux d’invalidité |
| Diabète | ITT + IPP | Couvert si complications invalidantes |
| Maladies cardiovasculaires | Variable | Dépend de la gravité des symptômes |
| Affections respiratoires | ITT | Asthme sévère, BPCO selon conditions |
La dépression et les troubles psychologiques sont couverts uniquement si vous avez souscrit la garantie Maladies Non Objectivables (MNO). Cette option supplémentaire s’avère indispensable car les troubles mentaux représentent une cause majeure d’arrêt de travail en France.
Les exclusions fréquentes
Certaines situations échappent systématiquement à la couverture. Les maladies antérieures non déclarées lors de la souscription constituent la première cause de refus. Si vous cachez un problème de santé existant, l’assureur peut refuser toute indemnisation et résilier votre contrat.
L’alcoolisme chronique et les addictions aux substances illicites figurent parmi les exclusions standard. Les tentatives de suicide sont également exclues dans la majorité des contrats. Les sports extrêmes comme le parachutisme ou l’alpinisme nécessitent une extension de garantie moyennant une surprime.
Le rôle du délai de carence
Le délai de carence représente la période initiale où vous n’êtes pas encore couvert, même si vous avez signé votre contrat. Cette durée varie selon les garanties et les assureurs. Pour les maladies ordinaires, comptez généralement entre 30 et 90 jours de carence. Les maladies graves comme le cancer bénéficient souvent d’une carence réduite ou nulle. En revanche, les accidents ne comportent aucun délai de carence et sont couverts immédiatement.
Délai de carence et franchise expliqués
Ces deux notions régissent les modalités de prise en charge de votre assurance. Il est crucial de bien les comprendre pour éviter les mauvaises surprises.
Qu’est-ce que le délai de carence ?
Le délai de carence commence à la signature de votre contrat. Pendant cette période, aucune garantie ne s’applique, même si vous tombez gravement malade. Ce mécanisme protège l’assureur contre les fraudes de personnes sachant leur maladie imminente. La durée typique s’étale sur plusieurs mois selon les garanties souscrites.
Délais standards par type de pathologie
Les délais varient considérablement selon la nature de votre problème de santé. Pour une maladie ordinaire comme une grippe ou une gastro-entérite, attendez 30 à 90 jours de carence. Les pathologies graves telles que le cancer ou l’infarctus bénéficient d’une carence réduite de 0 à 30 jours. Les accidents de la vie courante ne comportent aucun délai : vous êtes couvert dès le premier jour.
Cette différenciation s’explique par le caractère imprévisible des accidents versus la possibilité de connaître une maladie avant la souscription.
L’impact concret sur votre protection
Ces délais déterminent directement le moment où vous recevrez une aide financière. Si vous êtes en arrêt maladie pendant le délai de carence, vous devrez assumer seul les mensualités. Après la carence, le délai de franchise prend le relais : il s’agit du temps d’attente entre votre déclaration de sinistre et le début effectif du remboursement. Un délai de franchise de 90 jours signifie que vos trois premiers mois d’arrêt restent à votre charge.
Combien coûte la couverture maladie ?
Le tarif de votre assurance dépend de nombreux facteurs personnels. Comprendre cette tarification vous permet de mieux négocier.
Les facteurs qui influencent le prix
Votre âge constitue le premier critère d’évaluation. Plus vous êtes jeune lors de la souscription, moins vous payez. Un emprunteur de 25 ans bénéficie de tarifs jusqu’à trois fois inférieurs à un emprunteur de 50 ans. Votre état de santé actuel et vos antécédents médicaux impactent fortement le coût. Une personne en bonne santé sans historique médical obtient les meilleurs tarifs.
Le montant emprunté influence directement la prime : plus vous empruntez, plus vous payez. La durée du prêt joue également un rôle majeur. Un crédit sur 25 ans coûte plus cher qu’un emprunt sur 15 ans. Enfin, votre profession détermine le niveau de risque : les métiers manuels ou dangereux subissent des surprimes par rapport aux emplois de bureau.
Tarifs moyens selon les profils
| Profil | Âge | Taux annuel | Coût mensuel pour 200 000€ | Coût total sur 20 ans |
| Jeune actif | 25-35 ans | 0,08% – 0,15% | 13€ – 25€ | 3 200€ – 6 000€ |
| Actif confirmé | 36-45 ans | 0,15% – 0,30% | 25€ – 50€ | 6 000€ – 12 000€ |
| Senior | 46-55 ans | 0,30% – 0,60% | 50€ – 100€ | 12 000€ – 24 000€ |
| Risque aggravé | Variable | 0,60% – 1,20% | 100€ – 200€ | 24 000€ – 48 000€ |
Ces tarifs incluent les garanties décès, PTIA, ITT, IPT et IPP. L’ajout de la garantie MNO augmente le coût d’environ 15% à 20%. La perte d’emploi représente un surcoût supplémentaire de 10% à 15%.
Exemple concret de calcul
Prenons un prêt de 250 000€ sur 20 ans pour un couple de 35 ans. Avec une quotité de 100% sur chaque tête et un taux d’assurance moyen de 0,20%, la prime annuelle atteint 500€ par personne, soit 1 000€ pour le couple. Sur la durée totale du crédit, l’assurance représente 20 000€. En changeant pour une assurance déléguée à 0,10%, vous économisez 10 000€ sur 20 ans.
Comment déclarer une maladie à votre assureur ?
La déclaration rapide et complète de votre sinistre conditionne l’obtention de vos indemnités. Suivez ces étapes méthodiquement.
Étape 1 – Rassembler les documents nécessaires
Avant toute démarche, constituez votre dossier complet. Vous devez réunir l’arrêt de travail initial délivré par votre médecin traitant, toutes les prolongations éventuelles, vos relevés d’identité bancaire, le numéro de votre contrat d’assurance, et une copie de votre tableau d’amortissement. Le questionnaire de santé signé lors de la souscription peut également être demandé pour vérifier la cohérence de vos déclarations.
Étape 2 – Contacter rapidement votre assureur
Dès réception de votre arrêt de travail, informez votre assureur par courrier recommandé avec accusé de réception. Respectez impérativement le délai de déclaration mentionné dans votre contrat, généralement de 30 jours maximum. Tout retard peut entraîner un refus de prise en charge ou un report du début d’indemnisation. Joignez systématiquement tous les justificatifs médicaux à votre courrier.
L’assureur vous transmettra ensuite un formulaire de déclaration de sinistre à compléter. Ce document détaille votre situation professionnelle, médicale et financière. Remplissez-le avec exactitude et sincérité : toute fausse déclaration annule vos droits.
Étape 3 – Assurer le suivi de votre dossier
Après envoi de votre dossier complet, l’assureur dispose de 30 à 45 jours pour l’étudier. Un médecin-conseil peut vous convoquer pour un examen d’expertise médicale.
Cette étape vise à confirmer votre incapacité de travail et son lien avec la pathologie déclarée. Conservez toutes les preuves de vos échanges avec l’assureur et relancez régulièrement si vous ne recevez pas de réponse dans les délais impartis.
Loi Lemoine et droit à l’oubli pour les maladies
Depuis 2022, la loi Lemoine a révolutionné l’accès à l’assurance emprunteur pour les personnes ayant été malades. Ces avancées majeures facilitent votre projet immobilier.
Qu’est-ce que le droit à l’oubli ?
Le droit à l’oubli vous autorise à ne plus déclarer certaines maladies guéries lors de la souscription d’une assurance. Concrètement, vous n’avez plus à mentionner ces pathologies passées dans le questionnaire médical. Cette mesure évite les surprimes et les exclusions de garantie qui pénalisent auparavant les anciens malades.
Les maladies concernées par ce droit
Le cancer représente la principale pathologie couverte par le droit à l’oubli. Si votre protocole thérapeutique s’est achevé depuis plus de 5 ans sans rechute, vous ne devez plus le déclarer, quel que soit l’âge auquel vous avez développé la maladie. Cette évolution majeure réduit de moitié l’ancien délai de 10 ans.
L’hépatite C bénéficie également du droit à l’oubli après 5 ans sans traitement actif et sans rechute. Le VIH pourrait prochainement intégrer ce dispositif selon les évolutions réglementaires. D’autres pathologies chroniques stabilisées comme le diabète de type 2 font l’objet de discussions pour une extension du droit à l’oubli.
Le délai d’application de 5 ans
Le décompte démarre à la fin complète du protocole thérapeutique, pas au moment du diagnostic. Cela signifie que tous les traitements actifs doivent être terminés : chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie et hormonothérapie.
Aucune rechute ne doit être constatée pendant ces 5 années. Si vous respectez ces conditions, vous pouvez souscrire une assurance aux conditions standard du marché.
Comment en bénéficier concrètement ?
Lors de votre demande d’assurance, ne mentionnez pas les maladies éligibles au droit à l’oubli dans votre questionnaire médical. L’assureur ne peut vous demander aucune information sur ces pathologies.
Si vous avez déjà souscrit un contrat avant la loi Lemoine avec une surprime, vous pouvez le renégocier et demander la suppression de cette majoration. Utilisez votre droit de résiliation à tout moment pour changer d’assureur et obtenir de meilleures conditions tarifaires.
Erreurs à éviter avec la couverture maladie
Certaines erreurs compromettent gravement vos chances d’indemnisation. Apprenez à les identifier pour protéger vos droits.
Erreur 1 – Cacher une maladie antérieure : La tentation de dissimuler un problème de santé existant peut sembler une solution pour obtenir un meilleur tarif. Pourtant, cette pratique constitue une fausse déclaration intentionnelle. L’assureur vérifie systématiquement votre dossier médical lors d’un sinistre. Si la dissimulation est découverte, il refusera toute indemnisation et résiliera votre contrat. Vous perdrez alors toutes vos cotisations versées et devrez assumer seul le remboursement de votre prêt.
Erreur 2 – Ignorer les délais de carence : Beaucoup d’emprunteurs signent leur contrat sans lire les conditions concernant les délais de carence. Résultat : ils pensent être couverts immédiatement alors qu’un délai de plusieurs mois s’applique. Vérifiez précisément la durée de carence pour chaque garantie avant de souscrire.
Erreur 3 – Choisir une couverture insuffisante : Pour réduire le coût de l’assurance, certains emprunteurs renoncent à des garanties essentielles comme l’ITT ou la garantie MNO. Cette économie à court terme se transforme en catastrophe financière lors d’un arrêt maladie prolongé. Adaptez votre couverture à votre situation réelle et à vos revenus.
Erreur 4 – Ne pas déclarer la maladie à temps : Le non-respect du délai de déclaration de 30 jours constitue un motif légitime de refus d’indemnisation. Même si vous êtes hospitalisé ou gravement affaibli, déléguez cette tâche à un proche pour respecter ce délai crucial.
Erreur 5 – Accepter une exclusion sans négocier : Les assureurs proposent parfois des exclusions de garantie pour certaines pathologies. Ne les acceptez pas systématiquement. Consultez plusieurs assureurs pour comparer les conditions. Un courtier spécialisé peut négocier la suppression de certaines exclusions ou leur remplacement par une surprime raisonnable.
Meilleurs assureurs pour la couverture maladie
Le marché de l’assurance emprunteur offre une grande diversité d’acteurs. Voici un comparatif pour vous orienter vers les meilleures offres.
| Assureur | Points forts | Points faibles | Tarif moyen (35 ans) |
| Assureurs bancaires | Simplicité de souscription, tout en un seul lieu | Tarifs élevés, conditions strictes | 0,30% – 0,40% |
| Assureurs alternatifs | Tarifs compétitifs, couverture personnalisée | Démarches de délégation à effectuer | 0,08% – 0,15% |
| Assureurs spécialisés risques aggravés | Acceptation des profils difficiles, expertise médicale | Coûts plus élevés, exclusions possibles | 0,40% – 1,00% |
| Mutuelles | Bonne couverture santé globale, tarifs équitables | Moins de flexibilité sur la quotité | 0,15% – 0,25% |
Les assureurs alternatifs proposent généralement les meilleures conditions tarifaires. Vous pouvez économiser jusqu’à 70% par rapport à l’assurance de votre banque. La délégation d’assurance reste votre droit absolu : la banque ne peut refuser un contrat présentant des garanties équivalentes.
Pour les personnes avec un risque aggravé de santé, privilégiez les assureurs spécialisés qui disposent d’équipes médicales expérimentées. Ils étudient chaque dossier individuellement et proposent des solutions adaptées grâce à la convention AERAS.
FAQ – Questions fréquentes
Mon assurance prêt couvre-t-elle la dépression ?
La dépression est couverte si vous avez souscrit la garantie MNO (Maladies Non Objectivables). Un délai de carence de 30 à 90 jours s’applique généralement.
Combien de temps avant le remboursement après une maladie ?
Comptez le délai de franchise contractuel (30 à 180 jours) puis un délai administratif de traitement de 15 à 30 jours après validation de votre dossier.
Puis-je changer d’assurance si j’ai une maladie chronique ?
Oui, la loi Lemoine vous autorise à changer d’assureur à tout moment. Après 5 ans sans rechute pour certaines maladies graves, vous bénéficiez du droit à l’oubli.
Que se passe-t-il si je cache une maladie antérieure ?
Votre assureur peut refuser toute indemnisation et résilier votre contrat pour fausse déclaration. Vous perdez vos droits et vos cotisations versées sans aucun recours possible.
Tableau récapitulatif de la couverture maladie
| Type de couverture | Taux d’invalidité | Délai de franchise | Durée maximale | Prise en charge |
| ITT | Incapacité totale | 30-180 jours | 1095 jours | 100% quotité assurée |
| IPP | 33%-65% | 90 jours | Jusqu’à 65 ans | Prorata du taux |
| IPT | 66%-99% | 90 jours | Jusqu’à 65 ans | 100% quotité assurée |
| PTIA | 100% + assistance | 90 jours | Remboursement total | Capital restant dû |
Votre assurance prêt immobilier représente bien plus qu’une simple formalité bancaire : elle constitue votre filet de sécurité face aux aléas de la vie. Entre les garanties ITT, IPT et IPP, les délais de carence et de franchise, et les évolutions de la loi Lemoine, vous disposez aujourd’hui d’outils puissants pour protéger votre projet immobilier.
N’attendez pas d’être confronté à une maladie pour vérifier votre couverture. Prenez le temps d’analyser votre contrat actuel, comparez les offres du marché et assurez-vous de bénéficier de la meilleure protection possible. Besoin d’aide pour optimiser votre assurance emprunteur ? Contactez-nous via notre formulaire pour obtenir un devis personnalisé et découvrir comment économiser tout en améliorant votre couverture.


